30 novembre 2025
À la découverte des danses bretonnes à La Chapelle-Chaussée : Rythmes, Rencontres et Traditions Vivantes
La danse bretonne, un patrimoine vivant à La Chapelle-Chaussée
Lorsque la musique s’élève dans une salle ou sur la place du village, difficile de résister à l’appel du rythme. À La Chapelle-Chaussée, les danses bretonnes sont bien plus qu’une tradition : elles incarnent un art de vivre, une mémoire collective qui se transmet de génération en génération.
Du cercle circassien au plinn, en passant par le renom du fest-noz, la danse bretonne s’enracine dans un héritage multiséculaire. Dès le XIXe siècle, plus de 300 variantes étaient recensées à travers la Bretagne (source : Dastum), dont plusieurs toujours dansées ici, avec un engouement renouvelé chaque année.
Les associations locales, moteurs de la transmission
La vitalité des danses bretonnes à La Chapelle-Chaussée doit beaucoup aux associations et collectifs qui, au fil des saisons, font bouger les habitants tout en veillant à la fidélité des gestes.
- Le groupe de danse « War Raok Chapeliol » est le cœur battant de la pratique locale. Fondée dans les années 1990, cette association rassemble chaque semaine plus de 40 membres, du débutant au danseur confirmé. Les séances, conviviales et accessibles à tous, privilégient l’apprentissage des pas (andro, hanter-dro, gavotte…) et la découverte du répertoire des pays de Rennes, du Vannetais et du Centre-Bretagne.
- Passerelles intergénérationnelles : Des ateliers dédiés aux enfants de l’école primaire et du centre de loisirs sont régulièrement organisés. Plus de 70 élèves y participent chaque année, familiarisés dès le plus jeune âge au plaisir de la danse et au respect des coutumes.
En coordonnant fêtes, ateliers et initiations, ces associations reflètent le dynamisme du tissu local et créent un véritable sentiment d’appartenance.
À quoi ressemble une soirée de danses bretonnes à La Chapelle-Chaussée ?
Le cœur de la pratique se vit lors des fest-noz, ces veillées dansantes qui rythment l’année et réunissent parfois plus de 200 personnes dans la salle communale ou, l’été venu, en plein air sous les lampions.
- La préparation : Dès la fin d’après-midi, les bénévoles installent bancs et tables, décorent la salle de guirlandes de genêts, fleurs typiques d’Ille-et-Vilaine, et préparent le buffet de crêpes et de cidre.
- L’accueil : Enfants, parents, grands-parents, voisins et visiteurs s’y retrouvent dans une ambiance familiale.
- Le déroulement : Au programme, un mélange de morceaux animés par des groupes locaux (souvent duo bombarde et biniou, parfois accompagné d’accordéon diatonique ou de chant a capella). Les danses sont expliquées pour les nouveaux venus, et les initiés veillent à inclure chacun dans la ronde.
- L’esprit : Plus que l’exactitude du pas, c’est la convivialité et le plaisir du partage qui priment.
Un détail charmant : lors du dernier fest-noz organisé en mars 2024, la doyenne du village (93 ans) a mené la gavotte du début à la fin – un moment ovationné, symbole fort de transmission.
Petit glossaire des danses pratiquées à La Chapelle-Chaussée
Quelles sont les danses bretonnes qu’on retrouve le plus souvent ici ? Petit tour d’horizon du répertoire :
- Andro : Danse collective du pays vannetais, en chaîne ou ronde, très populaire en fest-noz.
- Hanter-dro : Variante plus rythmée, avec de subtils mouvements d’épaules typiques.
- Gavotte : Danse emblématique de Basse-Bretagne, composée de cycles et d’enchaînements précis.
- Cercle circassien : Originaire d’Écosse mais intégré au répertoire breton, favorise la rencontre et le brassage.
- Plinn : Danse sautillante du Centre-Bretagne, réputée pour son énergie communicative.
- Ridée et Kost ar c’hoat : Danses du pays gallo, proches de la culture locale.
Au total, ce sont près d’une vingtaine de formes qui sont explorées chaque année en atelier local (chiffre basé sur les programmes diffusés par l’association Dastum et le site du fest-noz.net).
Comment apprendre et progresser ? Les conseils pour débuter
La pratique des danses bretonnes est singulièrement ouverte. Aucun besoin de maîtriser le solfège ni la chorégraphie : l’important est d’observer, de ressentir, puis de « laisser le corps suivre ».
- Participez à un atelier : Le groupe « War Raok Chapeliol » propose une séance d’initiation ouverte tous les premiers mardis du mois à la salle polyvalente (entrée libre). Un excellent moyen de découvrir, guidé par des danseurs expérimentés et dans une ambiance décontractée.
- Observez et imitez : À la différence de nombreux styles « scolaires », la danse bretonne s’apprend beaucoup par imitation et transmission orale. Suivez les pas du voisin, écoutez les conseils qui circulent, puis osez entrer dans la ronde.
- Trouvez sa place : Pas besoin de partenaire fixe ni d’inscription longue durée. L’esprit du fest-noz est l’ouverture : chacun peut s’intégrer à n’importe quel moment.
- Consultez les ressources locales : La médiathèque municipale met à disposition des CD de musique bretonne, des brochures et des DVD d’apprentissage édités par Dastum et Kendalc’h.
Quelques chiffres clés : Dans l’enquête menée en 2017 par Dastum et la Fédération Kendalc’h, 79 % des participants à un fest-noz en Ille-et-Vilaine étaient des non-initiés ou de simples amateurs, preuve du caractère accessible et populaire de cette pratique.
Une pratique en mouvement : les temps forts de l’année
À La Chapelle-Chaussée, le calendrier est ponctué de rendez-vous où la danse bretonne occupe une place privilégiée :
- Le grand fest-noz de la Saint-Jean (fin juin) : Point culminant de la saison, suivi d’un feu de joie et d’une promenade nocturne. Plus de 300 personnes y participent en 2023, selon le compte rendu municipal.
- Les veillées d’automne (octobre-novembre) : L’occasion de découvrir aussi des musiques traditionnelles gallèses, entre biniou et accordéon.
- L’opération « Danse à l’école » : Au printemps, des animateurs bénévoles interviennent auprès des classes de primaire afin de transmettre les bases et d’apprendre une chorégraphie commune présentée lors de la kermesse.
- Stages ponctuels en partenariat avec l’association Kendalc’h : Initiation à de nouveaux répertoires, découverte des danses collectives européennes.
Autour de ces événements, la danse bretonne s’affiche dans l’espace public, investit la scène du marché hebdomadaire ou, de temps à autre, anime la cour d’une ferme lors de soirées privées.
Ressources, témoignages et mémoire locale
La Chapelle-Chaussée bénéficie d’une mémoire vive : plusieurs anciens se souviennent encore des rassemblements improvisés dans les granges, à la lueur des lampes tempête, lorsque l’électricité était rare dans la région jusque dans les années 1960 (source : témoignages recueillis lors de la collecte orale par l’association Dastum, 2019).
L’atelier local de l’association « War Raok Chapeliol » a également entamé en 2022 un recueil de témoignages et d’archives photographiques, afin de retracer l’évolution des pratiques dans le village au fil des décennies. Parmi les anecdotes marquantes :
- En 1978, la première tentative de « groupe folklorique » avait rassemblé à peine cinq familles – elles sont aujourd’hui près de cinquante à danser chaque année lors des temps forts.
- Plusieurs musiciens originaires du bourg ont su transmettre leur répertoire local lors d’échanges inter-villages, notamment avec Tingry (Côtes-d’Armor) et Montauban-de-Bretagne.
- En 2014, un bal a été improvisé dans le jardin du presbytère lors des Journées du Patrimoine, réunissant toutes les générations.
Pour aller plus loin, quelques ressources recommandées :
- Dastum : portail majeur de collecte et de diffusion du patrimoine oral et musical breton.
- Kendalc’h : fédération d’associations liées à la danse bretonne, pédagogie et calendrier des stages.
- www.fest-noz.net : agenda participatif et riche base de données des événements et répertoires.
Quand les pas d’hier font vibrer le présent
À La Chapelle-Chaussée, la danse bretonne n’est pas qu’une affaire de tradition : elle est savamment tressée au quotidien, portée par l’enthousiasme des bénévoles, la curiosité des enfants, la bienveillance des anciens. Que l’on ait deux ou quatre pieds gauches, il suffit d’oser entrer dans la ronde pour sentir l’énergie collective et le frisson de la mémoire transmise en musique. Ici, chaque pas est un hommage au pays et un geste tourné vers demain.
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